La révolution Internet en Afrique : les satellites prêts à réduire la fracture numérique

L'accès à Internet est fortement orienté vers les zones urbaines, où 57 % des habitants sont connectés, tandis que seulement 23 % des communautés rurales bénéficient d'une connectivité.

L'accès à Internet est fortement orienté vers les zones urbaines, où 57 % des habitants sont connectés, tandis que seulement 23 % des communautés rurales bénéficient d'une connectivité.

L’Afrique est sur le point de connaître une transformation majeure de l’Internet grâce aux progrès rapides de la technologie satellitaire. Malgré les progrès mondiaux, le continent reste à la traîne en matière de connectivité, avec seulement 38 % de sa population connectée en 2024, contre une moyenne mondiale de 68 %. L'accès à Internet est fortement orienté vers les zones urbaines, où 57 % des habitants sont connectés, tandis que seulement 23 % des communautés rurales bénéficient d'une connectivité. Des millions de ruraux africains restent hors ligne, ce qui crée une forte demande de solutions innovantes pour réduire cette fracture numérique.

Les opérateurs de satellites comblent de plus en plus cette lacune. Starlink a fait passer sa technologie Direct to Cell de la version bêta au service en direct, permettant aux téléphones 4G non modifiés de se connecter directement aux satellites pour la messagerie. La société a également investi 17 milliards de dollars pour obtenir des licences dédiées au spectre mobile, se positionnant ainsi comme un concurrent des réseaux mobiles traditionnels dans les régions mal desservies. Même si les vitesses actuelles restent modestes, la technologie prend déjà en charge les communications de base et présente un potentiel d'expansion important.

Les satellites géostationnaires de grande capacité progressent également. ViaSat a lancé son satellite ViaSat-3 Flight 2 (F2), capable de diriger dynamiquement la bande passante vers les zones à forte demande. Conçu pour couvrir l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique, F2 offre des vitesses allant jusqu'à 500 Mbit/s en aval avec une qualité de service prévisible, ce qui le rend idéal pour les entreprises, les institutions gouvernementales et les régions où la fiabilité et la conformité réglementaire sont essentielles.

Le secteur du haut débit en orbite terrestre basse (LEO) connaît également une expansion rapide. Starlink continue de dominer, tandis que le projet Kuiper d'Amazon (Amazon Leo) et le projet chinois Spacesail Qianfan accélèrent les déploiements. D’ici fin 2025, Spacesail vise à placer des centaines de satellites en orbite, pour atteindre à terme une constellation pouvant atteindre 15 000 satellites. OneWeb, soutenu par l'UE, étend sa constellation Gen-2, renforçant ainsi les intérêts numériques stratégiques de l'Europe. Cette concurrence croissante signifie que l’Afrique bénéficiera d’au moins quatre grands opérateurs mondiaux de LEO, chacun avec des priorités technologiques et géopolitiques différentes.

2025 marque un tournant pour le haut débit par satellite, jetant les bases d’une nouvelle ère de connectivité à travers l’Afrique. Même si la plupart des changements ne sont pas encore visibles pour les utilisateurs finaux, les investissements et les déploiements en cours promettent de fournir un Internet fiable à des millions de ruraux africains, renforçant ainsi l'inclusion numérique et soutenant la croissance économique du continent.