Une enquête de PwC met en garde contre le « déficit de mise en œuvre » de l’IA en Afrique qui ralentit la transformation numérique

Les dirigeants africains doivent traduire leurs ambitions en matière d’IA en actions décisives et en investissements plus audacieux pour garantir une compétitivité à long terme et assurer une position plus forte dans l’économie numérique mondiale.

Les dirigeants africains doivent traduire leurs ambitions en matière d’IA en actions décisives et en investissements plus audacieux pour garantir une compétitivité à long terme et assurer une position plus forte dans l’économie numérique mondiale.

Un nouveau rapport de la 29e enquête mondiale auprès des PDG de PwC a mis en évidence un « écart de mise en œuvre » important en matière d'intelligence artificielle (IA) en Afrique, ce qui ralentit la transformation numérique du continent. Alors que 75 % des PDG africains ont exprimé leur ferme intention d’adopter l’IA l’année dernière, des approches d’investissement prudentes et des obstacles structurels empêchent les entreprises de développer efficacement ces technologies.

L'enquête souligne que même si l'IA domine les discussions au sein des conseils d'administration, son déploiement réel dans les fonctions de l'entreprise est à la traîne par rapport à ses pairs à l'échelle mondiale. Cet écart menace d’élargir le fossé compétitif entre les organisations africaines et leurs homologues internationales. De nombreuses entreprises ont effectué des migrations de base vers le cloud « lift and shift », mais n'ont pas optimisé les applications pour les fonctionnalités cloud natives, les laissant sans infrastructure évolutive essentielle à l'adoption de l'IA.

Les défis d’investissement sont également importants. Seuls 26 % des PDG africains estiment que leurs niveaux d'investissement actuels sont suffisants pour atteindre les objectifs de leur organisation en matière d'IA. Les pressions sur les taux de change et le coût élevé des technologies à forte intensité de capital rendent difficiles les investissements durables. La pénurie de talents aggrave encore le problème, puisque seulement 37 % des PDG déclarent avoir accès à l’expertise technique requise pour les initiatives d’IA. De nombreux professionnels locaux sont recrutés par des concurrents mondiaux, ce qui rend plus difficile pour les entreprises africaines de renforcer leurs capacités internes.

Les déficits de gouvernance et de planification stratégique constituent des obstacles supplémentaires à l’adoption de l’IA. Seules 41 % des organisations disposent d’une feuille de route clairement définie pour les initiatives d’IA, et seulement 37 % ont formalisé des processus responsables d’IA et de gestion des risques. Les PDG donnent souvent la priorité à la résilience opérationnelle immédiate en raison de la volatilité des marchés, ce qui peut entraîner une dépriorisation de la planification stratégique à long terme nécessaire à la transformation de l'IA. De plus, de nombreuses entreprises africaines restent dépendantes des hyperscalers mondiaux, ce qui pose des défis en matière de souveraineté, de latence et de coût des données.

L’émergence de l’IA agentique – des systèmes autonomes capables d’effectuer des tâches complexes – présente un risque supplémentaire. Le déploiement de ces capacités avancées nécessite une gouvernance des données et une planification stratégique matures, domaines dans lesquels de nombreuses organisations africaines ont encore des difficultés. Les experts préviennent que les entreprises qui n’investissent que modestement dans l’IA aujourd’hui pourraient avoir du mal à rattraper leur retard alors que leurs concurrents mondiaux augmentent rapidement leurs capacités.

Malgré ces défis, l’IA apporte déjà une valeur mesurable à certaines entreprises africaines. Selon l'enquête, 23 % des PDG qui ont investi dans l'IA ont signalé une augmentation de leurs revenus, tandis que 25 % ont réduit leurs coûts au cours de l'année écoulée. Toutefois, PwC conclut que les gains opérationnels à eux seuls ne suffisent pas. Les dirigeants africains doivent traduire leurs ambitions en matière d’IA en actions décisives et en investissements plus audacieux pour garantir une compétitivité à long terme et assurer une position plus forte dans l’économie numérique mondiale.