La sécurité numérique est essentielle à la participation des femmes à l'économie numérique en pleine croissance en Afrique, selon la BAD

L’expansion des systèmes de données ventilées par sexe et le renforcement des capacités statistiques nationales ont été identifiés comme des étapes essentielles pour comprendre et résoudre l’ampleur du problème.

L’expansion des systèmes de données ventilées par sexe et le renforcement des capacités statistiques nationales ont été identifiés comme des étapes essentielles pour comprendre et résoudre l’ampleur du problème.

Banque africaine de développement Les responsables ont appelé à une action urgente et coordonnée pour mettre fin à la violence numérique basée sur le genre, alors que l'économie numérique de l'Afrique continue de se développer. Écrivant lors de la campagne mondiale des 16 jours d'activisme contre la violence basée sur le genre, qui se déroule du 25 novembre au 10 décembre, Jemimah Njuki, directrice des femmes, du genre et de la société civile à la Banque africaine de développement, et la responsable principale du programme, Ndey Oley Cole, ont souligné l'ampleur croissante des abus en ligne auxquels sont confrontées les femmes et les filles à travers le continent. Ils ont noté que plus d'un quart des femmes en Afrique subsaharienne ont été victimes de violence en ligne, tandis que 34 pour cent des jeunes âgés de 18 à 24 ans sont confrontés à du harcèlement en ligne.

Les auteurs ont souligné que la violence numérique basée sur le genre constitue un obstacle majeur à la participation des femmes à l'économie numérique et à une croissance inclusive. Alors que les pays africains investissent massivement dans les infrastructures, les compétences et l’innovation numériques, ils ont fait valoir que la sécurité, la dignité et l’inclusion doivent être considérées comme des piliers fondamentaux de la transformation numérique, et non comme des réflexions après coup.

Ils ont défini cinq actions prioritaires pour relever ce défi. Il s’agit notamment de promulguer et d’appliquer des cyber-lois sensibles au genre qui criminalisent clairement les abus en ligne, d’intégrer la sécurité numérique dans les stratégies nationales de développement et de TIC, et de tenir les plateformes technologiques responsables de la modération du contenu et de la protection des utilisateurs. Les auteurs ont également souligné l’importance d’investir dans l’innovation menée par les survivants, notant que les femmes africaines développent déjà des outils et des solutions pour promouvoir la sécurité en ligne lorsqu’elles bénéficient du soutien approprié.

En outre, l’article souligne la nécessité de disposer de meilleures données pour éclairer les politiques. Le manque de données standardisées à l’échelle du continent sur la violence numérique basée sur le genre rend difficile la conception de réponses efficaces. L’expansion des systèmes de données ventilées par sexe et le renforcement des capacités statistiques nationales ont été identifiés comme des étapes essentielles pour comprendre et résoudre l’ampleur du problème.

Les auteurs ont conclu par un appel à l’action pour que les gouvernements, les entreprises technologiques, les partenaires de développement et les citoyens travaillent ensemble pour créer des espaces numériques plus sûrs. Ils ont fait valoir que mettre fin à la violence numérique basée sur le genre n’est pas seulement une responsabilité morale, mais aussi une nécessité économique et sociale si l’Afrique veut libérer pleinement son potentiel numérique et garantir que les femmes et les filles puissent participer en ligne en toute sécurité et en toute confiance.