Un Peuple, Une Culture

Un Peuple, Une Culture

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A l’heure de l’ordinateur et du net, le malgache conservateur continue à lire les chiffres de droite à gauche, dans le sens d’un perpétuel retour. Références constantes au temps d’avant, à l’aînesse, à l’antériorité, là sont les repères de sa philosophie et de sa trame sociale. On constate aujourd’hui une volonté croissante des touristes, non plus seulement de « passer » des vacances, mais aussi de comprendre les populations visitées et établir des échanges mutuellement avantageux, sous le signe du respect…

Le malgache est un être « communautaire » qui n’existe que par rapport à son milieu. C’est pourquoi les proverbes regorgent de citations louant le fihavanana, un mélange de bonne entente et de solidarité : un seul arbre ne fait pas la forêt, on n’attrape pas un pou avec un seul doigt, quand on traverse une rivière à plusieurs même les crocodiles ont peur…

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Traditions & Coutumes

Détenteur d’une longue civilisation orale, le malgache est aussi habile de ses doigts. La découverte des mille et une facettes de l’artisanat pourrait faire l’objet de circuits spécifiques avec pour étapes majeures la soie sauvage, la sculpture et la marqueterie, le papier antemoro, la taille des pierres, la vannerie, le tissage, ou la broderie.

Dans le Deep South, certaines tombes peuvent être de véritables mausolées peints de couleurs vives d’où toute tristesse semble bannie. Les poteaux funéraires sont des objets de curiosité où sont sculptés la personnalité ou le passe-temps favori du défunt, qu’il ait été cycliste, gendarme, ou passionné de domino…

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Quelques recettes pour un séjour réussi :

– Ne jamais mépriser les Fady (interdits) ni essayer de les faire lever par des raisonnements appartenant à une logique étrangère.
– Ne jamais s’en prendre aux personnes âgées, aux enfants, aux mères, aux rizières.
– Avoir toujours à l’esprit que Madagascar est Terre Sainte, parce que sanctifiée par les ancêtres qui en demeurent les propriétaires.
– Ne jamais tutoyer quelqu’un sans qu’il l’ait proposé.
– Bénéficier pleinement d’une hospitalité en sachant toujours rester un étranger.

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Du riz à la gastronomie

Les statistiques confirment que le Malgache est le plus gros mangeur de riz au monde. Cette denrée qualifiée de « stratégique » est omniprésente dans les proverbes malgaches.

Contrairement à celle d’autres pays, la cuisine malgache accorde plus d’importance à la saveur qu’à la présentation. En voici un échantillonnage choisi parmi les plus caractéristiques : le romazava est le plat national par excellence.

C’est un bouillon à base d’un amalgame de brèdes dont le anamalao ou « brède chaude », cuit avec de la viande de boeuf ou du poulet de grain. Le ravitoto sy henakisoa ou feuilles de manioc pilées et viande de porc, présent à toutes les soirées promotionnelles, peut se préparer de multiples façons, de la plus simple à la plus raffinée.


Le sesika amalona ou anguille farcie est un chef d’oeuvre de délicatesse, du fait de sa chair très tendre qui s’effrite facilement : l’ouvrir longitudinalement avant de le farcir avec de la viande de porc hachée, de l’ail, des oignons, et le passer au feu doux avec une sauce à base de tomates et de gingembre.

Le varanga ou boeuf effilé est une tranche fine cuite à l’eau pendant quelques heures avant d’être effilochée pour être braisée avec de petits oignons entiers. Difficile de ne pas mentionner le hena ritra, un grand classique pour les jours de fête !

Il s’agit d’une viande de zébu légèrement grasse et cuite pratiquement sans ingrédient si ce n’est des gousses d’ail. Ou l’akoho mifahy, poule gavée découpée en morceaux et cuite à l’étouffée.

Ou encore le tongo-kisoa, des pieds de porc parfois accompagnés de haricots blancs. Un régal, surtout avec le lasary ou achard de tomate à portée de cuillère.

La boisson d’accompagnement est le ranovola ou eau d’argent, obtenue en brûlant préalablement le reste de riz collé au fond de la marmite… Mazotoa homana, littéralement « ayez-de-l’entrain-en-mangeant » !

Arts funéraires

Etant appelé à devenir Ancêtre ou « Razana » un jour, le malgache accordera la plus grande attention à sa demeure définitive auprès de laquelle sa maison « terrestre » ne sera jamais qu’un lieu de passage. On ne s’étonnera pas que, dans certaines ethnies, il soit véritablement question d’Art Funéraire.

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